Ces derniers jours, Richard Martineau et Lise Ravary ont pondu des chroniques plutôt vides à propos de La Meute.
Dire que leurs critiques étaient molles serait un euphémisme : ils révoquent en doute que La Meute soit un groupe radical, haineux ou raciste. Leurs interventions paraissent avoir pour but de nous prouver qu’ils sont plutôt modérés et socialement acceptables.
Le mot en « i »
Que ce soit chez Martineau ou dans les trois textes signés Ravary, on ne dénonce nullement le fait que La Meute fasse une fixation sur l’«islam». Puis l’on se doute bien qu’ils n’utiliseront pas le terme «islamophobie», qui semble pour eux être un mal imaginaire.
Tout au contraire, ils insisteront pour nier vigoureusement que le racisme systémique puisse exister au Québec. «Kumbaya» Martineau est persuadé que dans la Belle Province, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Mais il y a un éléphant dans la pièce : suis-je le seul à trouver que ça n’a pas de bon sens qu’un groupe comme La Meute ait pour objectif principal la persécution d’une partie de la population, celle de confession musulmane? Et par ricochet, ces paranoïaques s’en prennent aussi aux néo-québécois en général et à ceux et celles qui critiquent leurs actions.
Lorsque, dans son deuxième article, Ravary se décida à mettre un peu d’eau dans son vin et à décrier La Meute du bout des lèvres, elle y a goûté :

Martineau le réactionnaire
Le célèbre franc-tireur fait tout en son possible pour minimiser l’existence d’inégalités sociales au Québec. De son point de vue, il faut cesser de rechigner contre «le racisme systémique, la culture du viol, le néolibéralisme sauvage, la haine de l’autre, l’homophobie…» (28 août).

Si tout va bien, alors quel est son cheval de bataille?
Il préfère s’en prendre aux méchants «islamistes», à l’immigration, aux progressistes, etc., dans un élan visiblement conservateur.
Son angoisse face à l’islam – partagée par des collègues du Journal de Montréal comme M. Bock-Côté et L. Ravary – est bien documentée. Une étude parue en 2015 faisait ainsi état du fait que ses chroniques «alimentent l’islamophobie».
Donc quand il est question de l’idéologie islamophobe de La Meute, il vaudrait mieux pour Martineau de faire profil bas. À la vérité, il y a même une section entière consacrée à Richard Martineau sur le site officiel du groupe extrémiste, il les inspire :

Ravary la réactionnaire
Dans une première chronique sur La Meute, Mme Ravary me cibla en laissant entendre qu’il était démagogique de ma part de taxer les loups de radicaux. Je serais ainsi un observateur qui «ajoute aux malheurs du monde» en nommant mal les choses.
Elle omet de dire que mon analyse recoupe en partie celle d’experts comme Herman Deparice-Okomba, directeur du Centre de prévention de la radicalisation :
«La Meute a toujours un positionnement extrême, de l’appel à la violence. Pour moi, aujourd’hui, elle instrumentalise des débats légitimes de société à des fins idéologiques. Elle fait ce que les agents de radicalisation ont toujours fait.» (19 juillet)
Mme Ravary publia donc une série de trois chroniques dont la première laissait supposer que La Meute était fort probablement un club social de «centre-gauche». Après une première réplique, elle est venue sur ma page pour défendre son professionnalisme :

En fait, elle n’a mis en lumière aucune des deux facettes principales des militants de La Meute : (1) l’hypocrisie de leur image de façade telle que projetée par leur porte-parole « Maikan », prétendant que le groupe est progressiste (2) leur vraie nature islamophobe, xénophobe, paranoïaque et persécutrice.
Ainsi, d’une part, Mme Ravary évite soigneusement de leur reprocher leur croisade anti-islam, de l’autre, elle lance elle-même des remarques aux relents islamophobes.
Sur Twitter, elle a notamment accusé les antifas de s’être trouvés aux côtés de «femmes voilées» durant la manif du 20 août, à Québec :

On ne pourra sûrement pas compter sur Martineau, Ravary et leurs semblables pour diagnostiquer la montée de l’intolérance en Occident…

































































Selon le directeur, ce n’est pas le divorce qui est un péché capital, mais le fait de se remarier, car on commet ainsi l’adultère. Dans ses conférences filmées, il se plaît à soutenir que le principe cardinal des soldats du Christ est l’autorité :
«C’est la guerre et dans la guerre les lois changent. Lorsqu’il y a mutinerie (…) on fusille sur-le-champ (…). Il faut aller au front, au corps-à-corps – porter des coups, il faut prendre les armes… – Il faut tout risquer pour l’Église».



