L’art d’écrire de mauvais articles sur l’extrême-droite (2e partie)

Ces derniers jours, Richard Martineau et Lise Ravary ont pondu des chroniques plutôt vides à propos de La Meute.

Dire que leurs critiques étaient molles serait un euphémisme : ils révoquent en doute que La Meute soit un groupe radical, haineux ou raciste. Leurs interventions paraissent avoir pour but de nous prouver qu’ils sont plutôt modérés et socialement acceptables.

 

Le mot en « i »

Que ce soit chez Martineau ou dans les trois textes signés Ravary, on ne dénonce nullement le fait que La Meute fasse une fixation sur l’«islam». Puis l’on se doute bien qu’ils n’utiliseront pas le terme «islamophobie», qui semble pour eux être un mal imaginaire.

Tout au contraire, ils insisteront pour nier vigoureusement que le racisme systémique puisse exister au Québec. «Kumbaya» Martineau est persuadé que dans la Belle Province, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…

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Mais il y a un éléphant dans la pièce : suis-je le seul à trouver que ça n’a pas de bon sens qu’un groupe comme La Meute ait pour objectif principal la persécution d’une partie de la population, celle de confession musulmane? Et par ricochet, ces paranoïaques s’en prennent aussi aux néo-québécois en général et à ceux et celles qui critiquent leurs actions.

Lorsque, dans son deuxième article, Ravary se décida à mettre un peu d’eau dans son vin et à décrier La Meute du bout des lèvres, elle y a goûté :

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Martineau le réactionnaire

Le célèbre franc-tireur fait tout en son possible pour minimiser l’existence d’inégalités sociales au Québec. De son point de vue, il faut cesser de rechigner contre «le racisme systémique, la culture du viol, le néolibéralisme sauvage, la haine de l’autre, l’homophobie…» (28 août).

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Si tout va bien, alors quel est son cheval de bataille?

Il préfère s’en prendre aux méchants «islamistes», à l’immigration, aux progressistes, etc., dans un élan visiblement conservateur.

Son angoisse face à l’islam – partagée par des collègues du Journal de Montréal comme M. Bock-Côté et L. Ravary – est bien documentée. Une étude parue en 2015 faisait ainsi état du fait que ses chroniques «alimentent l’islamophobie».

Donc quand il est question de l’idéologie islamophobe de La Meute, il vaudrait mieux pour Martineau de faire profil bas. À la vérité, il y a même une section entière consacrée à Richard Martineau sur le site officiel du groupe extrémiste, il les inspire :

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Ravary la réactionnaire

Dans une première chronique sur La Meute, Mme Ravary me cibla en laissant entendre qu’il était démagogique de ma part de taxer les loups de radicaux. Je serais ainsi un observateur qui «ajoute aux malheurs du monde» en nommant mal les choses.

Elle omet de dire que mon analyse recoupe en partie celle d’experts comme Herman Deparice-Okomba, directeur du Centre de prévention de la radicalisation :

«La Meute a toujours un positionnement extrême, de l’appel à la violence. Pour moi, aujourd’hui, elle instrumentalise des débats légitimes de société à des fins idéologiques. Elle fait ce que les agents de radicalisation ont toujours fait.» (19 juillet)

Mme Ravary publia donc une série de trois chroniques dont la première laissait supposer que La Meute était fort probablement un club social de «centre-gauche». Après une première réplique, elle est venue sur ma page pour défendre son professionnalisme :

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En fait, elle n’a mis en lumière aucune des deux facettes principales des militants de La Meute : (1) l’hypocrisie de leur image de façade telle que projetée par leur porte-parole « Maikan », prétendant que le groupe est progressiste (2) leur vraie nature islamophobe, xénophobe, paranoïaque et persécutrice.

Ainsi, d’une part, Mme Ravary évite soigneusement de leur reprocher leur croisade anti-islam, de l’autre, elle lance elle-même des remarques aux relents islamophobes.

Sur Twitter, elle a notamment accusé les antifas de s’être trouvés aux côtés de «femmes voilées» durant la manif du 20 août, à Québec :

Ravary islamophobe

On ne pourra sûrement pas compter sur Martineau, Ravary et leurs semblables pour diagnostiquer la montée de l’intolérance en Occident…

Un Happening pour l’extrême-droite

Il y a une semaine, La Meute organisait la plus ambitieuse manifestation de son histoire. À peine 300 loups se sont pointés le bout du museau, mais nous pouvions remarquer la présence de nombreux xénophobes extrémistes de tout acabit, venus les appuyer.

De centre-gauche La Meute? Ce fut un véritable festival pour l’extrême-droite et ses partisans bigarrés : boneheads néonazis, Storm Alliance, sympathisants des Hells Angels, partisans d’Atalante et de la Fédération des Québécois de Souche, 3%ers, aficionados du Front National, etc., puis quelques policiers infiltrés çà et là.

Je vous propose un échantillon des forces d’extrême-droite s’étant jointes à la manif du 20 août, à Québec.

 

La milice des loups

Pour commencer, notons l’imposant cortège sécuritaire déployé par La Meute pour se défendre contre ces puissances démoniaques – à leurs yeux – nommées «antifas».

Refoulés dans un parking qui faisait office de bunker, leurs quelques dizaines d’agents amateurs, sans permis légaux, montaient la garde autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Certains portaient leur prétendu uniforme «sécurité», d’autres tentaient de se fondre parmi les contre-manifestants, munis de micros et de caméras corporelles.

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On peut déjà se demander pourquoi le SPVQ a toléré cette mascarade «parapolicière»?
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Ci-dessus, un certain Stef Boutin se disait «en mission d’infiltration» pour le compte de La Meute. On le voit faire la navette entre les policiers et les contre-manifestants…

À un moment, Patrick Beaudry, paranoïaque gourou de La meute, se mit à paniquer : «C’est l’apocalypse dehors. Pour votre propre sécurité, on ne sort pas!».

 

La Storm Alliance arrive trop tard

Le groupe extrémiste anti-immigration Storm Alliance était bien représenté, par leur chef et une bonne dizaine de membres, mais ils ne sont jamais parvenus à rejoindre les loups.

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L’homme à gauche, aux lunettes fumées, est leur gourou de secte, Dave Tregget

Dans une vidéo publiée par George Hallak – lui-même un leader de la très controversée Canadian Coalition of Concerned Citizens (CCCC) – on peut se rendre compte que ni la Storm Alliance ni la CCCC n’ont eu accès au bunker de La Meute.

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George Hallak, animateur de CCCC au Québec

Les gardes de sécurité de La Meute leur ont volontairement bloqué le passage. Pourquoi cet affront entre xénophobes? Les loups avaient-ils peur d’éventuels infiltrés? Étaient-ils froissés de voir la Storm Alliance porter leurs couleurs alors qu’ils avaient promis de s’habiller de manière plus neutre?

 

Flics ou loups?

De nombreux informateurs se greffaient subtilement aux contre-manifestants. Difficile de déterminer à quels camps ils appartenaient. En voilà trois exemples parmi tant d’autres:

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Ah, ces méchants antifas masqués, qui ne sont même pas des antifas…

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Des partisans du Front National

Parmi les alliés de La Meute, se trouvaient au moins deux membres d’Horizon Québec Actuel, soit leur président Alexandre Cormier-Denis et son vice-président Philippe Plamondon.

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De grands fans de Marine Le Pen (mars 2016)

Ils en ont profité pour faire des reportages élogieux de La Meute qu’ils ont ensuite publié sur leur propre chaîne de propagande Nomos-TV.

Un type s’identifiant lui-même comme fier membre du Front National se tenait d’ailleurs dans les environs :

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Des suprémacistes en tout genre

Pour terminer ce tour d’horizon, allons-y en vrac avec nombre d’exemples de participants de la manif identitaire organisée par La Meute, dont plusieurs  paraissent cultiver des allégeances néonazies.

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Il y a tout d’abord ce jeune homme qui défia les contre-manifestants en leur faisant un salut hitlérien. Remarquons qu’il a passé une bonne partie de la manif avec une cagoule, déguisé en antifa :

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Non seulement La Meute l’a accepté dans ses rangs pour la «marche silencieuse» finale, mais il était même rendu accompagné d’un autre ami bonehead:

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Il y avait aussi ce jeune couple néonazi, où le garçon arbore le Totenkopf SS sur son t-shirt et un tatou Sunwheel sur le coude, alors que sa conjointe porte les superbes couleurs du drapeau sudiste :

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Maintenant observons, ailleurs dans la manif, deux compagnons néonazis, dont celui en noir affiche l’insigne SS sur son épaule et des casques Wehrmacht dans le dos :

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Sur les prochaines images, à gauche, un jeune homme affichant des badges appelant au «national-catholicisme», à droite, un bonehead néonazi dont le t-shirt porte les inscriptions «bound for glory» et la croix de fer:

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Celui de droite était accompagné du couple néonazi dont la jeune femme avait une camisole sudiste.

 

Autres présences à souligner: le membre «suprémaciste blanc» de La Meute, Shawn Beauvais-MacDonald, faisait partie de la manif «silencieuse», malgré le fait que les leaders loups avaient déclaré aux médias l’avoir suspendu suite aux événements de Charlottesville en Virginie. Cette déclaration s’avéra un mensonge éhonté (voir l’article de The Gazette):

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En outre, deux leaders du parti politique de Rambo Gauthier (CAP) ont aussi passé l’après-midi dans le sous-sol avec La Meute, incluant leur principal dirigeant, Yvon Simard (pour les rapprochements de CAP avec La Meute):

Yvon Simard

 

On pourrait continuer comme ça encore longtemps, car tout le gratin de l’extrême-droite semble s’être donné rendez-vous cette journée-là. Qui disait que La Meute était de centre-gauche?

L’art d’écrire de mauvais articles sur l’extrême-droite

En 24 heures, deux médias ont laissé La Meute nous raconter qu’elle est un club social de « centre-gauche »: un peu plus et on nous fera accroire qu’elle est une rivale progressiste de Québec solidaire…

Lorsqu’un média offre une tribune en or à un groupe d’extrême-droite, la moindre des choses serait d’équilibrer l’article par un point de vue divergent, afin que le lectorat puisse trancher. Encore mieux, il conviendrait de déconstruire leur discours, de faire voir en quoi celui-ci est intolérant, xénophobe et toxique.

Maikan et Roch les racistes
Message islamophobe signé Maikan, porte-parole de La Meute

Par contre, certains.es journalistes sont plus à droite que d’autres. La tribune offerte à La Meute semble volontairement destinée à leur servir d’info-pub tellement l’esprit critique y est absent.

Un premier exemple: Le Journal de Montréal

Dans Le Journal de Montréal du 25 août, la chroniqueuse Lise Ravary souhaite discréditer la thèse selon laquelle La Meute serait un groupe radical.

Elle commence tout d’abord par citer la conclusion de l’un de mes derniers billets:

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Le reste de sa chronique consistera à tenter de re-crédibiliser le discours de La Meute, en encensant tout d’abord leur porte-parole – Sylvain « Maikan » Brouillette – qu’elle qualifie de « très doué ».

Elle affirme d’abord qu’elle passa trois heures (!) au téléphone avec lui, pour finalement nous rapporter bêtement les pires aberrations imaginables:

«Nous sommes contre l’élitisme, anti-establishment, pour la laïcité, les services sociaux, les droits fondamentaux, les syndicats et l’immigration légale.» Il (Maikan) décrit aussi le nationalisme du groupe comme étant «inclusif»…

Rappelons que La Meute n’est pas un parti politique. Jamais on ne la voit discuter ou sortir pour défendre les droits des travailleurs (syndicalisme) ou les services sociaux. Ces affirmations n’ont pas le moindre sens.

Il suffit de passer deux secondes sur leur page publique pour constater que leur seule raison d’être est de combattre « l’islam radical pro-charia » qui menacerait « l’avenir de nos enfants ». Puis sur leurs forums privés, tout n’est que paranoïa anti-islam et anti-immigration.

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Patrick Beaudry étant le chef de La Meute…

Or, Mme Ravary détourne délibérément le regard. Elle réduit leur discours islamophobe à de simples conversations de café (locker-room talk?):

« Après des heures à m’ennuyer sur la page Facebook «secrète» du groupe où il ne se dit rien de pire que ce qui se raconte autour des machines à café du Québec, je suis incapable de dire avec précision où se situe La Meute aujourd’hui. ».

Pourquoi Mme Ravary a-t-elle cité la conclusion de mon billet intitulé Preuves que les dirigeants de La Meute sont xénophobes, si c’est pour occulter les nombreuses preuves accablantes qui y étaient présentées? Quelques-unes de ces preuves avaient également été évoquées à la radio de Radio-Canada.

La vérité est qu’elle les trouve passablement pertinents: « La Meute comble un vide dans le débat public », « quand une société traverse une période de bouleversements et que ses leaders ne trouvent rien de mieux à dire que tout va bien (…), l’idéologie populiste et le franc-parler de La Meute plaisent ».

Si l’on cherche les termes « Ravary », « islam » et « islamisme » sur le moteur de recherche Google, les réponses se multiplient: elle est reconnue depuis plusieurs années pour ses prises de position biaisées contre l’islam (voir p.ex. cette chronique qui lui reproche cela: « Lise Ravary et l’islam« , 2014).

Un deuxième exemple: L’Avantage

Bien des citoyens.es du Bas-Saint-Laurent ont été ulcérés par la publication d’une entrevue complaisante avec le chef de clan régional, Éric « Rotikwaho » Rioux, dans le journal local.

Le journaliste Pierre Michaud tend le micro à La Meute au profit d’une superbe info-pub sous forme de questions-réponses.

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On y apprend là aussi que La Meute serait de « centre-gauche »: « techniquement, La Meute, en dehors du nationalisme, qui est de droite, a un message qui se rapproche plus du centre-gauche. Personnellement, je me situe aussi au centre gauche. »

Quelles sont ces valeurs? « Être contre le racisme, pour la laïcité de l’État, contre l’homophobie, pour l’égalité des sexes, pour les programmes sociaux, pour les syndicats, pour un salaire minimum décent ».

Faut-il rappeler que tout cela n’a aucun rapport avec La Meute qui est un groupe de pression anti-islam, raciste et xénophobe? Depuis quand milite-t-elle pour un salaire minimum décent? Cette revendication ne se trouve nulle part sur leur site web officiel ni sur leurs forums privés. Leurs militants.es ne font que casser du sucre sur le dos des immigrants.es et des musulmans.es.

Une fois l’indignation exprimée par des dizaines de citoyens.es, le journaliste Pierre Michaud se rebiffa en défendant bec et ongles son article sur Facebook, en allant jusqu’à nier la présence d’un drapeau nazi – présence qui fut validée par des experts – lors de la manif de La Meute à Québec:

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Dans un premier temps, M. Michaud nie que ce soit un symbole nazi, puis invoque un « trucage », mais c’en est pas un:

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En conclusion, nos médias ont le devoir de critiquer et de déboulonner les mensonges éhontés provenant des groupes d’extrême-droite. Encore faut-il que certains.es journalistes en aient la volonté…

Jaggi Singh, ce monstre qui lance des toutous en peluche

Depuis dimanche dernier, on ne cesse de diaboliser Jaggi Singh en le rendant responsable de tous les débordements ayant pu avoir cours en marge des manifestations.

Il y a maintenant 20 ans qu’il est mondialement reconnu pour son activisme, ses luttes acharnées pour un monde meilleur, plus équitable, par-delà les frontières. Mégaphone à la main, essayant symboliquement de repousser ces frontières provisoires érigées par les forces policières, il se voit parfois arrêté lors des manifs, sans qu’il n’y ait nécessairement de charges retenues contre lui.

En fait, sa plus longue détention survint à Québec, en 2001, lorsqu’il passa 17 jours en prison dans la foulée du Sommet des Amériques. On l’accusa de port d’armes illégal, car il avait utilisé une catapulte-jouet capable de projeter des oursons en peluche!

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Le 1er juillet dernier, la Storm Alliance et quelques membres de La Meute s’étaient attroupés à Hemmingford, pour protester contre l’entrée irrégulière de migrants (donc bien avant que ça ne devienne un enjeu national).

Jaggi Singh et plusieurs autres contre-manifestants s’y étaient rendus. Il a chanté, dansé, sous le regard exaspéré des xénophobes. Tout s’est déroulé de manière pacifique.

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Des membres de La Meute le fustigeait sur Facebook

Le dimanche 20 août, M. Singh est encore une fois allé à la rencontre des groupes anti-immigration, armé de son légendaire mégaphone. Questionné par les médias, il a soutenu qu’il ne fallait pas fuir le racisme, mais l’affronter.

LCN et RDI n’ont cessé de répéter qu’il était « porte-parole » des contre-manifestants, même si Jaggi Singh leur a précisé à au moins trois reprises que ce n’était pas le cas. C’est pourtant bien simple: selon les principes de base de l’anarchisme, il n’y a pas de leaders, pas de chefs, tout ce que Jaggi fera sera fait en son propre nom.

Mais les médias n’ont pas pigé: ils ont continué à le considérer porte-parole et responsable de tout ce que les antifas ont pu faire durant la manif.

Durant ce temps, la vérité est que Jaggi Singh chantait, dansait, faisait de la capoeira avec un jeune enfant, et, surtout, parlait dans son mégaphone ou répondait aux médias.

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On connaît la suite, la manif fut déclaré illégale et Jaggi Singh fut arrêté de manière musclée par les policiers, pour ne pas avoir respecter leur ligne. Aucune accusation ne sera retenue contre lui.

C’en est trop pour Régis Labeaume, qui le traitera de « crétin » en ondes, en ajoutant: « La Meute, la gang à Singh, allez-vous faire voir ailleurs ». Quelle gang à Singh? Il manifestait seul, hormis un ami jouant le rôle de « garde du corps » en raison des 1001 menaces que font planer sur lui des extrémistes de droite.

Une pétition citoyenne lancée par ses détracteurs réclame d’ailleurs qu’il soit mis en arrestation… Elle avait été critiquée par Anarchopanda sur sa page Facebook, mais son statut fut prestement retiré par des censeurs. Anarchopanda faisait remarquer que les commentaires sous la pétition sont tout à fait disproportionnés.

Plusieurs l’associent au terrorisme et réclament – avec des relents de racisme – son expulsion du Canada (lui qui est né à Toronto et vit à Montréal):

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Bref, rien de tel que des propos haineux et violents pour dénoncer une violence qu’il n’a pas commise…

Preuves que les dirigeants de La Meute sont xénophobes

Plusieurs ont regretté que les membres de La Meute n’ait pas pu exprimer leur « message » en fin de semaine dernière. Alors parlons-en.

Les dirigeants de cette secte xénophobe imposent l’omertà à leurs propres membres sur leur page publique. Les débordements racistes sont si monnaie courante chez les loups, qu’on leur a bloqué l’accès à la section « commentaires ».

Qu’en est-il des chefs de La Meute? Lorsqu’on parcourt leurs publications, leur islamophobie et idéologie haineuse sautent aux yeux. Commençons par leur guide suprême.

(1) Patrick Beaudry, président de La Meute

Leur chef est un ex-militaire qui soumet ses troupes à un ordre hiérarchique strict, dans une optique viriliste. La « Garde » de La Meute tient lieu de colonne vertébrale du mouvement pour défendre les membres contre d’obscures forces extérieures.

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La Meute sort du parking, lors de la manif à Québec, 20 août. M. Beaudry (en jeans) fera un geste des bras et tout le monde s’arrêtera. Tel que l’évoquait leur invitation à l’événement: « Ce sera la lumière face aux ténèbres »…

La Garde est essentiellement composée d’hommes entraînés au combat. Comme l’a spécifié l’un de leurs conférenciers du nom d’André Pitre (Stu Pitt):

«J’utilise ses services de sécurité parce que ce sont les gens les plus professionnels que je connaisse, car ce sont des anciens policiers et des anciens militaires qui savent comment faire» (1er août).

Sur ces deux premières images, nous constatons que Patrick Beaudry soutient la violence: la première affirme que « Les hommes opposés à la violence sont protégés par ceux qui ne le sont pas », la deuxième dit en blague que le problème avec la société d’aujourd’hui, c’est qu’on ne boit plus dans le crâne de nos ennemis.

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De quoi faut-il se protéger? De l’invasion islamique bien sûr. Il laisse entendre avec un humour xénophobe qu’on pourrait endiguer nos frontières avec des têtes de porc coupées:

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Notons que plusieurs autres publications vont également dans le sens d’une campagne corrosive envers l’islam ou l’étranger tout court. À force de marteler toujours ce genre de message, ça commence à prendre la forme d’une propagande haineuse:

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(2) Stéphane Roch, chef des opérations de La Meute

Stéphane Roch coordonnait La Garde lors de la manif de dimanche, se tenant près de l’entrée du stationnement et discutant parfois avec les médias. Il s’est notamment fait remarquer durant l’été pour avoir opéré un rapprochement entre La Meute et un groupe aux ambitions politiques intitulé « Le Mouvement républicain du Québec ».

Les captures suivantes ne laissent aucune place à l’interprétation: M. Roch est excédé par l’islam tout court, ces textes sont islamophobes.

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Enfin, j’aimerais attirer l’attention sur le fait que La Meute se pose en adversaire de nos autorités politiques. Elle estime que nos « gouvernements » laissent l’islam envahir nos terres, « mettant en péril l’avenir de nos enfants », rien de moins…

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(3) Sylvain « Maikan » Brouillette, porte-parole de La Meute

À la vérité, Maikan n’est pas qu’un attaché de presse: c’est lui qui avait notamment orchestré le camp du Non à Saint-Apollinaire, afin de bloquer la venue d’un cimetière musulman, suite à une transaction privée.

Dans ce statut signé « Maikan » et partagé par M. Roch, on peut clairement observer que leur cible première s’avère être les musulmans, n’importe quel musulman:

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(4) Éric Proulx, chef de clan au Saguenay et membre du Conseil

Chose particulière avec M. Proulx, c’est qu’il est convaincu que tout produit halal contribuerait à financer directement le djihadisme international. Il s’est donc mis à même faire la guerre à des producteurs laitiers de la région du Saguenay, qu’il soupçonnait de participer à ces opérations.

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M. Proulx se mêle de toutes sortes d’événements qui ne le concernent pas, afin de s’assurer que l’islam ne puisse pas progresser au Saguenay (voir ces exemples).

Paranoïaque dans l’âme, il a suggéré aux membres de La Meute que la Mosquée de Québec s’était elle-même adressé le colis haineux du 14 juillet dernier. Mine de rien, son statut eu un énorme retentissement au sein des cercles islamophobes.

 

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Enfin, dans ce message délirant, M. Proulx considère que nos gouvernements sont « complices » de tout ce que l’islam apporte: pédophilie, meurtre, viol, esclavage, et j’en passe… Comment imaginer un texte plus islamophobe que celui-là?

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(5) Sherif Constantin, leader de La Garde

M. Constantin n’est pas en reste. Il partage des infos trompeuses comme celle-ci qui laisse croire qu’en France, les cours d’histoire sur la tradition chrétienne sont remplacés par l’apprentissage de l’islam:

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(6) Jack « Jackcrow » Grandmaison, chef de clan en Abitibi

M. Grandmaison est tout un spécimen. Il jure qu’Allah serait l’incarnation du diable en personne, « un monstre banni des cieux et en punition pour s’avoir rebellé ».

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Dans son analyse de ce qu’il appelle le « fléau musulman », il enjoint ses lecteurs à « s’associer à La Meute pour pouvoir avoir ensemble une force de frappe ».

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Et quand advint l’horrible attentat terroriste à la grande mosquée de Québec – faisant 6 morts et 8 blessés – il n’exprima aucune sympathie. Il se demande si c’est un coup monté: « oups, qui a eu l’audace? (…) Qui est l’audacieux tueur de musulmans? ».

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Rappelons que ce M. Grandmaison fut promu au rang de chef de clan peu après les attentats du 29 janvier, puis a continué à promouvoir l’idée qu’Allah serait Satan, sans jamais avoir à retirer ses articles de sa page officielle. Lors d’entrevues récentes, il affirmait être en train d’ordonner l’expansion de La Meute en Abitibi, prévoyant du même coup des tournées d’information dans les écoles… (25 juillet)

La Meute souhaite accéder aux plus belles tribunes pour faire entendre son message? On connaît déjà suffisamment leur idéologie: elle est islamophobe, paranoïaque, anti-immigration, toxique, fondée sur l’ignorance, et on n’en veut pas au Québec.

La Meute, cette fausse victime de la censure

Bien que La Meute s’est dite brimée dans sa liberté d’expression, lors de la manifestation à Québec, elle a joui en réalité des plus belles tribunes durant toute la fin de semaine.

Dès vendredi, leur porte-parole Sylvain « Maikan » Brouillette se trouva à l’émission radiophonique 100% Normandeau, pour vanter les valeurs de La Meute. Dimanche matin, il fut l’invité de la festive émission matinale Salut Bonjour, à TVA, flanqué du gourou de La Meute, Patrick Beaudry, qui charma l’assistance:

« On n’a absolument rien démontré qui était raciste, pis y’est pas question que ça change ».

Une courte victoire des anti-racistes

Les leaders de La Meute organisaient l’une de leurs plus ambitieuses manifs de leur histoire, pour tempêter contre les politiques d’immigration au Canada. Ils ont pu attirer environ 300 sympathisants.es.

Leur position était et est intenable: ils soutiennent militer contre l’islam radical, mais sont ici en train de paniquer vis-à-vis l’arrivée d’Haïtiens.es majoritairement chrétiens et francophones.

La Meute est une secte d’extrême-droite qui utilise un paravent d’apparence modérée, alors que leurs activités réelles consistent à pourrir la vie à tous ceux et celles qui ne pensent pas comme eux, à commencer par ces néo-québécois qui leur paraissent suspects.

Maikan et Roch les racistes

C’est dans cette optique que des centaines de contre-manifestants.es se sont rassemblés à Québec. Le principal rassemblement pro-immigration démarrait de la Place d’Youville à 13h, mais un contingent plus hardi alla directement à la rencontre de La Meute, qui avait essayé depuis des semaines de garder secret leur itinéraire.

Comme l’a argué le militant Jaggi Singh: il ne faut pas craindre le racisme, mais le confronter. Même si ce contingent anti-fasciste était moins nombreux que les gens de La Meute, les « loups » sont allés se terrer dans un parking souterrain, où ils sont demeurés penauds tout le reste de l’après-midi.

Notons que, dans un élan de solidarité, tous les contre-manifestants.es sont allés rejoindre les antifas. Jusque-là, les messages d’accueil et d’opposition à l’extrême-droite avaient le dessus sur des loups qui avaient l’air fous.

Le vent médiatique a tourné

Au lieu de simplement annuler la manif pour que tout le monde puisse retourner chez eux, les loups ont décidé de tenir bon durant d’interminables heures. À la longue, cela a commencé à ressembler à un état de siège. Nombre de journalistes et citoyens.es se sont mis à s’impatienter.

Entre-temps, une poignée d’activistes anti-flics ont commencé à en découdre avec les forces de l’ordre, ce qui poussa les chefs des principaux partis politiques à dénoncer ces actes de « violence ». Deux racistes se firent d’ailleurs tabasser.

Puis comme les analystes invités des chaînes RDI et LCN s’avéraient être d’ex-policiers, ils ont évidemment pris le bord des anti-black blocs, allant jusqu’à souligner l’impressionnante discipline et coopération des gars de La Meute…

Mais pourquoi omettre la vaste majorité des manifestants.es pacifiques pro-immigration?

 

Le vrai visage de La Meute

Ceux et celles qui suivent La Meute depuis quelque temps savent que leur défense de la liberté d’expression est à géométrie variable.

Tout d’abord, les loups censurent et intimident leurs opposants.es. Rien que pour ma part, la quasi-totalité de mes textes Facebook portant sur La Meute ont été prestement retirés suite à de mystérieuses vagues de plaintes. Une vingtaine en deux mois.

C’est sans compter les tentatives d’invasions de conversations (trolls), d’insultes et de menaces voilées. Peu avant la manif, un fan xénophobe de Stu Pitt – propagandiste en chef de La Meute – écrivit même qu’on projetait de m’assassiner dimanche:

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(N.B.: La menace de mort de « Gros-Bs » a été supprimée, mais les réponses sont claires)

Alors quand je vois les médias s’attendrir sur le sort des loups qui se victimisent…

Qui plus est, les chefs de La Meute imposent eux-mêmes le silence à leurs « troupes » (Stéphane Roch, « chef des opérations », employa le terme « troupes »). Quand des journalistes tentèrent de questionner les manifestants.es anti-immigration, ils rétorquèrent qu’il fallait s’adresser aux porte-parole attitrés.

Idem sur la page Facebook de La Meute, où la section commentaire est interdite aux membres par les chefs. Pourquoi cette omertà? Il ne faudrait pas que leur racisme puisse être étalé au grand jour…

Enfin, comble d’hypocrisie, j’aimerais insister sur le fait que des sympathisants.es de la marche raciste ont essayé de faire saboter le service de transport d’autobus de Montréal vers Québec, organisé par Bienvenue aux réfugiés.es.

Sur la page Facebook d’André Pitre (alias Stu Pitt), des gens ont réservé des places fictives – parfois jusqu’à huit places pour une seule personne – dans le but d’empêcher les manifestants.es de se rendre à Québec:

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Stu Pitt, qui est un leader de La Meute, les a encouragé, proposant même d’utiliser carrément le transport. D’autres planifiaient de bloquer l’accès aux autobus:

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Les organisateurs.trices de Bienvenue aux réfugiés.es ont ainsi passé tout le weekend sur les nerfs.

Bravo La Meute pour l’intimidation et la liberté d' »oppression » dont vous faites preuve.

Ces religieux qui appuient l’extrême-droite québécoise (2e partie)

Dans mon précédent billet, j’ai évoqué l’existence de catholiques intégristes qui n’hésitent pas à animer des conférences et cérémonies religieuses pour le compte de groupes néofascistes, afin d’en faire des « soldats du Christ ».

Qui sont ces prêtres réactionnaires qui dirigent notamment une école à Lévis?

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) fut fondée en Suisse par Mgr Marcel Lefebvre, en 1970, lui qui rejetait avec hargne le concile Vatican II (1962-1965).

Fermée à la notion de progrès, la FSSPX a multiplié les appuis à des partis politiques d’extrême-droite (dont le Front national) au cours des dernières décennies. Dans une perspective «national-catholique», on y vénère d’anciens héros fascisants tels les Espagnols Primo de Rivera et le général Franco, le rexiste Léon Degrelle, le maréchal Pétain qui collabora avec les nazis, etc. Au Québec, c’est le duplessisme qui tient lieu d’idéal politique à reconquérir…

En Europe, leur actuel leader spirituel est Mgr Bernard Fellay. Tout aussi radical que ses prédécesseurs, il  cibla, en 2013, qui seraient leurs ennemis à abattre:
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Les «ennemis de l’Église» sont «les Juifs, les francs-maçons, les modernistes!».

Ajoutons que les lefebvristes font un usage sélectif de la devise «aime ton prochain». Lors d’un passage à Sherbrooke en 1989, leur évêque intégriste Richard Williamson avait soutenu que les Juifs étaient des «ennemis du Christ» et que la Shoah était une fabulation des sionistes. Il répéta la même chose à la télévision suédoise vingt ans plus tard.

Leur organisation au Québec

Pour le Canada, le responsable de la FSSPX est l’abbé Daniel Couture, celui-là même qui avait donné des conférences au Saguenay et à Québec en août 2015, dans l’objectif de pourfendre le féminisme et promouvoir le retour des femmes à la maison… De jeunes néonazis – qui fondèrent peu après Atalante Québec – étaient venus lui prêter main-forte en traversant une contre-manifestation. Ce geste anodin déstabilisa réellement les manifestants.es qui ont hésité à se regrouper lors des événements suivants:

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Selon l’abbé Couture, il y aurait de 600 à 700 fidèles au Canada. En outre, leur site officiel dénombre également trois écoles canadiennes qui leur seraient rattachées, une en Ontario, une en Alberta, l’autre à Lévis.

La Fraternité Saint-Pie-X semble bien implantée au Saguenay et à Québec, où elle prodigue nombre de messes et conférences. Elle peut aussi compter sur une publication bimestrielle, Le Carillon, imprimée à Saint-Césaire en Montérégie, où se trouve leur siège social canadien.

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Afin de «rechristianiser» l’Occident, la FSSPX reçoit l’apport de dynamiques dévots tels Kenny Piché et Étienne Dumas, fondateurs du groupe Tradition Québec.

Cette organisation identitaire et patriarcale fut formée à l’orée de 2014. Elle se veut une coalition de jeunes «pères de famille» catholiques pratiquants du Saguenay et de la région de Québec, ayant pour objectif la défense de nos origines chrétiennes. Comme le décrit le président fondateur Étienne Dumas:

«Nous ne nous battons pas pour des bâtiments ou du matériel, mais pour Dieu et notre patrie. Notre identité est malade depuis 50 ans du fait qu’on occulte et qu’on renie ce que nous sommes» (28 février).

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Les deux jeunes fondateurs de Tradition Québec, proposant des pamphlets anti-féministes.

Lorsqu’ils parlent d’entrer en résistance, cela peut être compris en un sens assez fort : leur proximité avec des formations d’extrême-droite comme Atalante Québec ou la Fédération des Québécois de Souche est inquiétante. Le 1er mai 2016, notamment, l’un de leurs prêtres donna carrément une messe au groupe néonazi Atalante sur les plaines d’Abraham, en l’honneur de Jeanne d’Arc…

Ce regroupement – qui condamne l’homosexualité et la contraception comme «péchés» – pose parfois des actions directes.

Outre l’affaire du crucifix en février dernier – «On est allés nous-mêmes le réinstaller» – il y eut un événement similaire à Chicoutimi en décembre 2015 : une crèche fut installée à la Place du citoyen, en réaction à l’interdiction de réciter la prière à l’hôtel de ville. Le porte-parole Kenny Piché expliqua leur geste par cette bravade : «Le Mouvement laïque québécois tient peut-être les politiciens à la gorge, mais il ne tient pas les simples Québécois catholiques».

En septembre 2015, des adeptes de Tradition Québec avaient aussi posé une affiche, surplombée de leur drapeau, devant l’église Fatima de Jonquière pour protester contre la désertion des églises. L’affiche proclamait : «Je me souviens que le Québec est catholique et doit le rester»…

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Enfin, un autre chaud partisan de Tradition Québec est l’historien Jean-Claude Dupuis, qui plaide de son côté pour une réhabilitation de la figure de Maurice Duplessis.

Duplessis fut, selon lui, «le plus grand premier ministre de l’histoire du Québec» (Le Carillon, 2017). Ses ouvrages de tendance réactionnaire sont publiés par la Fondation littéraire Fleur de Lys, à Lévis.

J.-C. Dupuis donna la première conférence officielle de Tradition Québec le 15 mai 2015, dénigrant la Révolution tranquille. Il multiplia ses contributions par la suite et fut également invité pour quelques entrevues par la Fédération des Québécois de Souche (FQS).

On peut constater, en dernière analyse, que la FQS joue un rôle de premier plan par les tribunes qu’elle offre à ces intégristes de Tradition Québec, les mettant parfois en liaison avec les boneheads d’Atalante. La FQS opère ce même type de service avec d’autres idéologues radicaux, venus de partout en Occident, pour les faire connaître à nos activistes locaux.

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Ces différentes organisations finiront-elles par s’allier à des groupes xénophobes comme La Meute?

Cette dernière serait trop progressiste au goût du porte-parole d’Atalante: « Nous croyons que la démocratie est le pire régime que le monde ait jamais connu (…). Notre mouvement est révolutionnaire, nous nous battons pour quelque chose » (16 août).

Ces organisations se battent pour quelle cause alors, le fascisme?

Ces religieux qui appuient l’extrême-droite québécoise

Que dites-vous de ces militants catholiques qui donnent des conférences à des néofascistes afin de prôner la reconquête du duplessisme?

Leur supérieur pour tout le district du Canada – un intégriste qui se dit «soldat du Christ» – plaidant pour le retour des femmes au foyer?

Leur porte-parole faisant le tour des radio-poubelles, avançant que la contraception et l’homosexualité sont des péchés?

Enfin, un de leurs plus éminents prêtres, qui donne la messe aux boneheads d’Atalante sur les plaines d’Abraham, tout en étant directeur d’une école pour enfants à Lévis?

C’est ce qu’offre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX)…

Cette société de prêtres traditionalistes fut fondée en Suisse, en 1970, par Mgr Marcel Lefebvre qui rejetait vivement le concile Vatican II. Mgr Lefebvre s’opposait à toute ouverture de l’Église de Rome sur le monde moderne. Si bien que la FSSPX choqua à plusieurs reprises en Europe par les liens qu’elle a pu tisser avec l’extrême-droite.

Tradition Québec s’avère leur bras militant au niveau local. Cette branche leur permet de rejoindre une nouvelle génération de jeunes fervents souhaitant réagir fortement au progressisme ambiant. Ils sont particulièrement actifs au Saguenay et dans les environs de la Capitale Nationale.

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Ils ne se gênent pas pour réaliser quelques coups d’éclat, comme lorsqu’ils ont remplacé un crucifix qui avait été retiré des murs du CHU de Québec, en février dernier.

Plus inquiétant encore est leur rapprochement avec la Fédération des Québécois de Souche, avec laquelle Atalante organisent des activités «culturelles et intellectuelles» pour extrémistes. Les boneheads d’Atalante, rêvant d’un État fasciste, tirent leur inspiration en droite ligne des identitaires de l’extrême-droite européenne.

Ils se sont démarqués la semaine dernière en affichant des bannières en faveur de la «remigration» des demandeurs d’asile vers leurs pays d’origine…

En complément de leur idéologie réactionnaire, ils aspirent à une certaine dimension spirituelle et historique que peut leur apporter la FSSPX. C’est dans ce contexte que l’abbé Olivier Berteaux a officié une commémoration à la mémoire de Jeanne d’Arc sur les plaines d’Abraham, proposant une profondeur morale aux membres d’Atalante.

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On peut l’entendre dire : «Même si on est peu nombreux, il faut se lancer dans l’attaque, il faut se lancer dans l’action». Par sa physionomie et sa voix distinctive, nous pouvons avec certitude reconnaître l’abbé Berteaux.

Ce M. Berteaux était auparavant directeur d’école en France. Il fut relocalisé au Québec où il dirige désormais l’école Sainte-Famille à Lévis. Cet établissement privé confessionnel veille à l’éducation d’environ 85 élèves de niveaux primaire et secondaire (garçons et filles sont séparés au secondaire).Olivier Berteaux directeur - CopieSelon le directeur, ce n’est pas le divorce qui est un péché capital, mais le fait de se remarier, car on commet ainsi l’adultère. Dans ses conférences filmées, il se plaît à soutenir que le principe cardinal des soldats du Christ est l’autorité :

 

Capture5«C’est la guerre et dans la guerre les lois changent. Lorsqu’il y a mutinerie (…) on fusille sur-le-champ (…). Il faut aller au front, au corps-à-corps – porter des coups, il faut prendre les armes… – Il faut tout risquer pour l’Église».

À l’école Sainte-Famille, il est notamment secondé par l’abbé Roger Guéguen, éminent enseignant qui a également prononcé des conférences pour le compte de Tradition Québec.

Il en profita pour dénoncer la tyrannie du ministère de l’Éducation et les suppôts de Satan en général («si on n’est pas pour Dieu, on est contre Dieu»). Il précisa au passage que les musulmans valaient mieux à l’époque des Croisades, car «au moins quand ils ont combattu chez eux, ils venaient pas chez nous» (éclats de rire de l’assistance).

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Drôle de monde à Québec où des prêtres ultraconservateurs professent autant aux milices néonazies qu’à nos enfants…

 

Le flirt du sénateur Boisvenu avec l’extrême-droite

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu s’est fait surprendre en tant que «membre du groupe privé de PEGIDA Québec sur Facebook».

Pourquoi fréquentait-il l’extrême-droite? Il s’est dit tout étonné de la situation : «C’est peut-être un accident. Je n’ai aucune connaissance de ce groupe-là. Je n’adhère à aucun groupe qui s’oppose à l’immigration» (La Presse, 16 août).

Inexact : si l’on creuse un tout petit peu, on peut remarquer qu’il est toujours abonné à la page d’un groupe xénophobe intitulé «Amis patriotes de Marine Le Pen». On nous y appelle à tous nous unir derrière Mme Le Pen, à combattre l’immigration et les terroristes sur notre propre sol.

Deux autres pages politiques auxquelles il est abonné sont des groupes d’idéologie radicale comme «Réseaux liberté Québec, région du grand Montréal/Laval» et «Non aux accommodements religieux», dont la description éloquente fait rêver : «Nous sommes la résistace (sic) face à l’islamiste (sic)»

La résistace face èa l'islamiste

Quant à M. Boisvenu lui-même, il s’est déjà démarqué en 2012 en proposant d’encourager les criminels pour meurtre à se pendre : «Moi, je dis toujours, dans le fond, il faudrait que chaque assassin aurait (sic) le droit à sa corde dans sa cellule, il décidera de sa vie.» Il s’imaginait doctement que le rétablissement de la peine de mort au Canada serait une excellente idée pour nous faire épargner des sous (février 2012).

L’année suivante, il place le Parti conservateur dans l’embarras alors que sont divulguées des allégations graves de conflits d’intérêt et de multiples tentatives de favoritisme envers une employée du Sénat avec laquelle il entretenait une liaison amoureuse.

Il s’est aussi vivement opposé au «registre des armes à feu» en préconisant son abolition, par un raisonnement bizarre prétextant qu’il faudrait plutôt un «registre des prédateurs sexuels» (décembre 2015).

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Notons en outre qu’il siège comme sénateur indépendant depuis juin 2015, car il a été visé par une enquête de la GRC pour des dépenses inadmissibles de plus de 61 000$.

Selon La Presse, ces dépenses auraient concerné des indemnités de logement, des frais de voyage, sa fondation et la publication de son livre Survivre à l’innommable. En avril 2016, un juge à la retraite «a fixé à 20 467 $ la somme que M. Boisvenu devait finalement rembourser à la chambre haute (…) il s’est maintenant acquitté de cette dette».

En dernière analyse, M. Boisvenu s’est-il retrouvé sur toutes ces pages Facebook par accident? Ou c’est plutôt lui qui s’est accidentellement retrouvé au Sénat?

Le chef de La Meute – Patrick Beaudry – est furieux

À Rimouski, après une sympathique conférence de Stu Pitt qui nous a vanté les soi-disant valeurs positives du groupe xénophobe, un membre de l’assistance osa soulever des contradictions dans son discours sur l’immigration.

Patrick Beaudry, présent sur les lieux, s’impatienta: «Calvaire, qu’est-ce que tu comprends pas!» (L’Avantage, 1er août).

Sa réaction diverge de la belle image du groupe que souhaite projeter Stu Pitt, en tant que propagandiste de l’organisation.

En entrevue à Radio-Canada, le jeune contradicteur de La Meute observa avec inquiétude que les courants haineux actuels, s’en prenant à des groupes minoritaires, lui évoquait la rhétorique qu’on a pu entendre avant la Deuxième Guerre mondiale. Ce qui mit le chef de La Meute encore plus en rogne.

Sur les réseaux sociaux, M. Beaudry essaie désormais de traquer celui qui commit l’infamie de critiquer son groupe : ce jeune homme était trop bien habillé pour l’occasion, ce devait être un «coup monté» pour aller parler aux médias. «Il semble évident qu’il ne souhaitait que provoquer», à moins qu’il ne soit qu’un «sombre crétin».

À vrai dire, après discussion avec lui, il ne savait même pas qu’il assisterait à une conférence de Stu Pitt ce jour-là, des amis-es venaient tout juste de le convaincre de les suivre. Trop bien habillé? Il portait une chemise d’été bien banale… Provocateur ou crétin? Il ne posait que des questions qui lui paraissaient pertinentes.

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Continuons l’analyse de Beaudry: «Ce mystérieux inconnu n’a ni compte Facebook ni Twitter, ni rien à ce nom (…). S’il est résident de Rimouski, quelqu’un doit bien le connaître, non?».

C’est faux: son nom est accessible en toutes lettres sur Facebook, il a même deux comptes pour le prix d’un! Pourquoi le chef de La Meute, ex-militaire, voudrait absolument le retracer?

Dans la section « commentaires », les loups se perdent en conjectures, ils aident leur mentor à le pister. L’une parvient à convaincre les autres qu’il a le même nom de famille que le maire qui venait de les priver d’une salle communautaire, voilà un premier complot. Un autre, d’esprit militaire, fait valoir que les initiales de l’individu font S.O.P., ce qui signifierait: «Standard operational procedure», c’est-à-dire une pratique de sécurité qui décrit comment affronter une menace. Simple coïncidence?

Enfin, l’un d’eux parvient à le débusquer en annonçant qu’il sait où il travaille. Patrick Beaudry lui ordonne aussitôt de ne pas l’intimider (ce qui pourrait donner des munitions aux gauchistes), le loup rétorque: : «je reste discipliné chef».

Beaudry a-t-il pardonné l’insubordination du jeune homme qui s’hasarda à poser des questions à Rimouski? La citation ajoutée à la finale de son intervention n’augure rien de bon:

«Ignorer son peuple pour être à la solde de ceux qui nous méprisent risque de créer une révolte où tous les traîtres seront jugés par la foudre patriotique»…

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