Dans les dernières semaines, une pétition fut lancée par le père du Mouvement républicain du Québec, Guy Boulianne. Elle dépasse maintenant les 3000 signatures.
M. Boulianne (alias le Prince fou) souhaite ainsi faire interdire l’organisation «AntiFa» au Canada, en s’adressant directement au premier ministre Trudeau et au ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.
Sa démarche est d’emblée risible, car le terme «AntiFa» désigne tout simplement n’importe quel citoyen.es s’opposant à la montée de l’extrême-droite dans le monde. Ce n’est pas une organisation, personne n’en a une carte de membre. Un peu comme s’il souhaitait faire reconnaître le mouvement féministe comme «terroriste»…
N’empêche qu’il croit qu’AntiFa est financée directement par George Soros:
Un petit délire qui en cache de plus gros
On peut comprendre M. Boulianne d’être en rogne contre les antifas, lui qui a vu ses ambitieux colloques être déplacés dans une écurie (en juin) ou carrément annulés (en septembre). À chaque fois, il imputa la raison aux méchants antifas, sans reconnaître que c’est lui qui provoqua un tollé généralisé en pactisant avec La Meute.
Comme plusieurs groupes d’extrême-droite québécois, le Mouvement républicain fait une véritable fixation morbide sur les antifas, les voyant partout. À titre d’exemple, M. Boulianne les accusa d’avoir participé directement à la tuerie de Las Vegas:
Bon, vous croyez qu’il disjoncte? Il publia un statut Facebook encore plus hallucinant dimanche soir, annonçant un véritable apocalypse à venir, le 4 novembre prochain.
En se basant sur un site farfelu tout droit sorti de la fachosphère (intitulé «Silent is Consent»), Boulianne panique royalement. Selon lui, des hordes d’anarchistes entreront dans nos foyers pour saisir des armes et semer le chaos absolu. Ce sera pire qu’une émeute violente, pire que l’enfer! :
La Meute suit le pas
Remarquons tout d’abord que Sylvain «Maikan» Brouillette, nouveau chef de La Meute, avait fait la promotion de la pétition de Boulianne:
L’un des leaders putschistes de La Meute, Éric Proulx, tente également de démarrer une pétition en se cherchant deux élus de l’Assemblée nationale qui voudront bien la parrainer:
Il s’en prend au financement d’organismes de l’Université Concordia, en espérant ainsi atteindre Jaggi Singh et des proches. Toutefois, le pôvre leader de La Meute a reçu un refus de la part de Sylvain Gaudreault du PQ. Il promet de le lui faire payer aux prochaines élections:
Parions que cela n’empêchera pas M. Gaudreault de dormir la nuit.
Le samedi 7 octobre se tenait une manif devant l’Assemblée nationale afin de protester contre la Loi sur les hydrocarbures (loi 106), adoptée sous bâillon en décembre dernier. Environ 250 personnes se sont déplacées.
Encore excitée par sa manifestation anti-immigration du 30 septembre à Saint-Bernard-de-Lacolle, la Storm Alliance avait décidé, sur un coup de tête, de se joindre à l’événement de samedi afin de montrer aux gouvernements libéraux que le peuple est en train de se soulever.
Le hic c’est que leur présence n’était pas nécessairement la bienvenue au sein des écologistes, surtout qu’environ 99% des Stormers ne savaient même pas quel était le motif de la manif, si l’on se fie à leurs commentaires sur les réseaux sociaux…
Les organisateurs écologistes ont alors tranché que tout le monde pouvait participer, autant les antifas que l’extrême-droite, au grand dam du chef du Parti vert, Alex Tyrrell, qui y a vu une position similaire à celle de Donald Trump, aux États-Unis. M. Tyrrell a fait une sortie courageuse sur Facebook, annonça qu’il boycotterait la manif ainsi que le discours qu’il devait y prononcer.
De son côté, la Storm Alliance avait déclaré qu’elle annulait sa présence, il y a quelques jours. Leur gourou autoritaire Dave Tregget pesta dans une vidéo-selfie : « La Storm Alliance malheureusement sera pas présente», à cause des « terroristes de la gauche anarchique », « on n’a pas peur de vous petite merde terroriste ».
Dave Tregget ne rate jamais une occasion de se plaindre des antifas, même lorsque c’est hors contexte
Un bluff
Peu de temps avant la marche, Dave Tregget et son cercle rapproché ont pris l’initiative d’approcher la manif, en ne portant pas les couleurs de la S.A. On les voit donc sur la photo ci-dessous, tout fiers de leur coup, en levant le poing en guise de victoire. La publication de Tregget lance sur un ton défiant : « où étiez-vous antifas? ».
Selon ce que la publication et les commentaires laissent entendre, cette vingtaine de vaillants xénophobes auraient eu la témérité de joindre la manif, car eux étaient là, mais pas les antifas. Ils n’attendaient que le bon moment pour enfin arracher leurs manteaux et montrer qui ils étaient vraiment à la caméra. Pour prouver leur présence, le militant William Dou publia ces deux photos:
On voit bien que les photos ont été prises à distance, en retrait de la manif. De plus, aucun témoignage ne corrobore leur version: les Stormers n’ont pas formé un contingent dans la manif, que ce soit avec leurs couleurs ou discrètement.
En observant les différentes images de la manif, je n’ai pu apercevoir qu’Éric Trudel (si c’est bien lui), numéro 2 de la Storm Alliance, qui se promène tout seul avec son cell:
Possible qu’il n’ait fait que marauder autour de la manif, pour voir si de méchants antifas s’y trouvaient. Si tel est le cas, les Stormers n’ont jamais manifester en faveur de l’eau, ils ne faisaient que traquer les gauchistes en attendant d’aller se payer du bon temps au restaurant. Comme l’a écrit William Dou, la photo a été prise « au resto» et ils n’ont été qu’à «proximité» de la manif:
En conclusion, notons qu’absolument aucun commentaire sous leurs publications ne parle d’environnement, d’hydrocarbures, de fracturation, de protection de l’eau ou quoi que ce soit. Leur objectif commun est de combattre l’immigration, les minorités et, par ricochet, les antiracistes qui leur tiennent tête.
Tel que révélé dans The Gazette il y a deux jours, l’idée de déposer une tête de cochon à l’entrée d’une mosquée avait été lancée dans le groupe secret de La Meute, quatre mois avant l’incident haineux. Simple hasard?
Obsession pour les cochons, sur le fil de La Meute
Comparons les faits. Une discussion avait tout d’abord été initiée le 15 février dernier par une dame qui recherchait des suggestions pour « freiner la construction de mosquées à Sherbrooke ».
C’est alors que s’en est suivi un brainstorming de dizaines et dizaines de commentaires tous aussi racistes les uns que les autres, proposant fréquemment des solutions impliquant du sang de cochon, du bacon, des cochons morts, du steak haché de porc, et ainsi de suite. Jusqu’à ce qu’un certain Éric eut cette idée de génie :
Il reçut 6 «likes», puis une militante importante de La Meute nommée Jo Caya en rajoute. Pour vous donner une bonne idée de quoi ont l’air les discussions dans La Meute, voici un échange édifiant:
(Bref, ils proposent finalement de filmer des musulmans en train de courir après les cochons…)
Un peu plus loin, ce même Éric louange la «violence extrême si nécessaire» des Sons of Odin (groupe rival de La Meute) contre les «invasions ennemies»:
L’acte haineux du 19 juin 2016
Quatre mois plus tard, à 2:10 a.m., fut retrouvée une tête de cochon à la Grande Mosquée de Québec, dans un emballage cadeau orné de divers «choux» de couleur et une petite carte souhaitant «bon appétit» :
Autrement dit, la proposition d’Éric fut appliquée à la lettre, à part le fait que l’emballage cadeau n’était pas «doré» et que le message n’était pas «bienvenue».
Tel que précisé dans l’article de The Gazette, les policiers ont décidé de considérer l’acte comme un simple «incident haineux» – plutôt qu’en tant que crime – puisqu’il n’y avait pas de réels propos menaçants dans la carte, selon eux.
Qui a fait ça?
Si l’on se porte sur l’intérieur de la carte, on peut se rendre compte que le coup d’éclat fut revendiqué par Québec Identitaire, un groupuscule d’extrême-droite ayant sévi entre 2014 et 2016, dans la région de Québec :
Les policiers savaient donc que ce groupe récidivait, étant donné qu’il avait fait les manchettes en novembre 2014 dans les grands médias, en placardant des affiches «Islam hors de chez moi», dans trois des cinq mosquées de la région de Québec :
Quel est ce groupe islamophobe? Sur les réseaux sociaux, ces activistes pouvaient jouir d’une page secrète, dont 8 membres sont encore présents. Le groupe serait toutefois inactif aujourd’hui :
En conclusion, difficile de trancher la question de savoir si La Meute est directement responsable de ce geste haineux, qui fut revendiqué par un autre groupuscule.
Chose certaine, les discussions que l’on retrouve sur les groupes secrets de La Meute regorgent d’idées de ce genre, qui risquent de se matérialiser un jour. Monsieur et madame tout le monde côtoie les pires idéologues d’extrême-droite et militants violents dans une même conversation.
À voir tous ces gens rager ensemble «en silo», pour mieux détester un ennemi commun, force est de constater que La Meute n’est rien d’autre qu’un accélérateur de haine.
Dans un article récent, nous apprenions de manière invraisemblable que de fiers alliés de La Meute, dont Sunny Létourneau, se lançaient en politique municipale afin de briguer des postes de conseillers à Saint-Apollinaire. Pourquoi veulent-ils s’approcher de la mairie ?
Le 15 juillet dernier, je publiais un article dans Ricochet révélant qu’un «camp du Non», à Saint-Apollinaire, avait reçu le soutien logistique du groupe raciste d’extrême-droite La Meute, pour faire barrage à un projet de cimetière musulman. Ce projet – reposant sur une transaction privée – avait reçu l’aval du maire actuel.
La porte-parole du camp du Non, Sunny Létourneau, était membre du clan 12 de La Meute, ainsi que sa garde rapprochée et de nombreux membres de sa famille (son conjoint, ses deux parents, etc.). Ils ont fait battre le projet en réclamant la tenue d’un référendum contestant les règles de zonage (à peine quelques dizaines de citoyens.es à proximité du terrain bénéficiaient d’un droit de vote).
Cette Mme Létourneau a déjà admis connaître personnellement le nouveau dirigeant de La Meute, Sylvain «Maikan» Brouillette. Elle est d’ailleurs toujours membre du groupe secret à ce jour, et ce, depuis aussi loin que février 2016…
Remarquons que c’est Maikan lui-même qui l’avait recrutée
Sur cette photo, on peut voir Mme Létourneau et ses parents, de dos, discuter avec le porte-parole de La Meute, Maikan, alors que le camp du Non s’organisait.
Le camp du Non
Sunny Létourneau tente aujourd’hui de minimiser ses liens avec La Meute en laissant entendre qu’elle n’y occupait qu’un rôle «passif». Des captures d’écran prouvent toutefois le contraire. Elle participait activement à leurs conspirations:
Déjà on peut apercevoir Mme Létourneau, son conjoint et ses deux parents (sa mère est Mme Lacroix), faisant partie de la liste des militants.es actifsOn voit Sunny Létourneau ci-dessus qui transmet de l’information «activement» au leader de La Meute, pour l’aider à mieux organiser ses combinesLa conversation se poursuit ainsi pendant longtemps. Il ne fait aucun doute que Sunny Létourneau discute directement avec des leaders de La Meute, leur transmettant des infos et participant à leurs conspirations.
Notons que lorsque les grands médias se sont rendu compte que Mme Létourneau faisait partie de La Meute, sa première réaction fut de dire qu’elle voulait tempérer leurs opinions extrémistes :
«Je me suis inscrite parce que c’était le seul moyen pour commenter certains propos que j’avais lus et que je trouvais extrémistes. Je ne suis pas impliquée dans La Meute»
Cette réponse est assez cocasse quand on pense au fait que c’est son propre père, Réal Létourneau, qui a lancé les commentaires les plus radicalement islamophobes lors des séances de consultation. Il fit par exemple des liens entre le cimetière et les actes terroristes ayant cours dans d’autres pays.
Mme Létourneau a-t-elle adhéré à La Meute pour calmer son propre père ? Plus sérieusement, rappelons qu’elle y est depuis février 2016.
Les autres candidats aux postes de conseiller
Mme Létourneau est entourée d’une équipe de quatre autres candidats dont la majorité est également liée au groupe xénophobe.
Il y a par exemple Valmont Rioux, dont l’ancienne photo de profil était carrément une tête de loup et une photo de lui accompagnée du logo de «membre officiel»:
Il fait aussi partie du groupe secret depuis mars, donc peu avant la constitution du camp du Non
Ensuite il y a un certain Mario Casavant, qui fut ajouté récemment au groupe secret, le 30 septembre dernier :
Puis il y a Victor Hugo Castro, dont on sait qu’il s’impliquait dans l’entourage du camp du Non durant les séances de consultation, car les médias ont rapporté quelques-unes de ses sorties.
Le 6 mars il s’indigna : « «Pourquoi faire ça ici? Avez-vous réfléchi aux conséquences?», puis, le 29 mars, il trouva insensé que les musulmans refusent d’être « enterrés avec lui ». « Ce qui nous dérange, a-t-il dit, c’est qu’il ne nous reste que huit lots et qu’on va accorder une privatisation “VIP” pour vous, les musulmans».
Victor-Hugo Castro (…) s’est ensuite livré à une charge en règle contre l’islam et le Coran. «Il y a 25 versets du Coran qui appellent à tuer les mécréants. Nous, dans notre religion, on n’est pas comme ça. Notre religion nous dit de pardonner» (Le Soleil).
Reste enfin M. Alain Caron, dont je ne sais pas s’il a joué un rôle dans le camp du Non, mais publie à l’occasion des statuts anti-islam et s’était fortement réjoui de la victoire du Non sur Facebook, partageant même une vidéo de Stu Pitt (propagandiste de La Meute), qui prenait la défense du groupe d’extrême-droite contre Régis Labeaume :
En conclusion, il nous semble que la majorité des candidatures entourant Sunny Létourneau paraît vouloir surfer sur l’infâme succès du référendum du 16 juillet dernier, où seulement 36 personnes avaient voté.
Veulent-ils isoler le maire actuel – Bernard Ouellet – pour l’entourer de gens à tendance raciste? Je doute que Saint-Apollinaire ait besoin de ça.
Le mouvement des Insoumis est né en janvier 2012, suite à une scission du Réseau de Résistance du Québécois (RRQ) qui perdait ainsi la plupart de ses plus ardents militants. En tête des premiers leaders, il y avait les activistes agressifs Rhéal Mathieu (ex-felquiste) et Denis Ratté.
À la différence de La Meute – qui se veut pancanadienne – Les Insoumis se positionnent fièrement en faveur de l’indépendance du Québec. Ils se battent principalement pour la défense de la Loi 101, pour la valorisation de «notre histoire nationale» et «nos traditions ancestrales», contre la monarchie et ses symboles, puis contre l’ «islam politique» qui nous menacerait.
Ils affectionnent tout particulièrement les reconstitutions historiques où ils peuvent « shooter » allègrement de méchants britanniques.
Leur lutte acharnée au «multiculturalisme», à l’islam et à l’ «immigration massive» en fait une formation ultra-identitaire qui multiplie les dérapages rhétoriques et les actions racistes. Ils avaient par exemple tout fait pour faire barrage à Alexandre Cloutier, candidat à la chefferie du Parti québécois en 2016, qui leur paraissait dangereusement « inclusif » :
Leur portée
Le mouvement des Insoumis est un petit groupe de quelques dizaines de radicaux menés actuellement par leur gourou Sylvain Meunier, adepte de Kung Fu et résidant en Estrie.
Divisée en 17 pages régionales, leur organisation Facebook essaie d’étendre ses tentacules aux quatre coins de la province. Ça fonctionne plus ou moins bien pour l’instant, mais Les Insoumis parviennent tout de même à se rapprocher du parti Citoyens du pouvoir (CAP), dont Rambo Gauthier a été nommé porte-parole, et d’Horizon Québec Actuel d’Alexandre Cormier-Denis et Philippe Plamondon (grand fans de Marine Le Pen au Québec).
C’est ainsi que le 26 août dernier, ils recevaient en grande pompe Cormier-Denis et Yvon Simard (chef effectif de CAP) qui y sont allés d’une performance éblouissante devant une foule en délire :
Le gars de la sécurité surveillait bien les lieux
À noter que l’événement était organisé dans le patelin de M. Meunier, en Estrie, là où les Insoumis rencontrent leurs plus grands succès populaires.
Pour rejoindre davantage de gens, leur première tribune est un site web visant à contrer les méchants médias fédéralistes et les «merdes d’antifas islamistes». Ils ont aussi une page Facebook consacrée à la réinformation – Sentinelle des patriotes – comptant une trentaine d’abonnés. Cette page est essentiellement un véhicule promotionnel des Insoumis, de CAP et du groupe de Cormier-Denis.
Sylvain Meunier peine à faire décoller son mouvement dans un contexte où les groupes d’extrême-droite anti-islam ne cessent de proliférer. C’est pourquoi, dans un communiqué officiel, il a promis de laisser le champ libre à ces groupes comme La Meute, la Storm Alliance et les Soldiers of Odin, sur le terrain identitaire, alors que les Insoumis mettront surtout l’accent – en principe – sur la défense de la langue française et «nos traditions».
Voici deux exemples de tentatives de nouer des liens avec des formations rivales :
Au Kung Fu avec La MeuteIci avec les Soldats d’Odin
Le hic c’est que ça ne lève toujours pas. Sylvain Meunier est alors devenu chroniqueur à Radio InfoCité, un média qui semble raffoler des discours conspirationnistes et réactionnaires. Il a trouvé sa niche à l’émission «Le journal du soir», animé par François Saint-Louis.
Les têtes vont rouler
Pour vérifier si les Insoumis ne s’intéressent désormais qu’à la promotion du français, analysons quelques judicieux extraits à propos du Safarigate en juillet dernier, lors duquel des musulmans avaient été aperçus au Parc Safari.
Le maître spirituel des Insoumis commence tout d’abord par se plaindre de la fermeture de sa page Facebook pour 24 heures, «à cause de 2-3 mangeux de marde» qui l’ont signalé suite à un statut hautement raciste qu’il avait écrit, même si pourtant il n’«incitait pas au meurtre, rien!».
Message à ces antiracistes : «Vous vous faites complices des pires terroristes de notre siècle!».
Selon l’avis de Sylvain Meunier, le fait de prier quelques minutes sur un terrain privé et réservé est clairement un acte de barbarie :
« J’ai toujours été très complaisant (sic) avec toutes les nationalités. Pis ça on parle pas d’une nationalité, on parle d’une idéologie. C’est une idéologie qui est vraiment arriérée. Déficiente, parce que tu recules des centaines d’années en arrière! Pis y’ont rien changé à leur philosophie. Pis si tu dis le contraire de ça, là, tu te fais couper la tête, dans leur religion! »
–L’animateur y va d’une réflexion perspicace: « J’sais pas à Montréal si tu te ferais couper la tête… » .
–M. Meunier relativise les choses: « Bin pas encore. Mais laisse-les gagner du terrain, pis ils vont nous couper la tête à grandeur de la planète! » (…).
–L’animateur concède que les musulmans sont comme ça : « Pour mettre les haut-parleurs, c’est un manque de classe. Pis si ils veulent me couper la tête, ils me couperont la tête ».
–Réponse de M. Meunier : « Un peuple doit se tenir debout contre l’envahisseur quand ils veulent s’imposer ».
Et sur la proposition de QS de donner le droit de vote aux résidents canadiens qui sont au pays depuis plus de 2 ans : « Après ça Québec solidaire essaie de nous faire accroire qu’ils sont nationalistes estie! Ça c’est vraiment le grand remplacement de population ».
Leurs actions
À part s’énerver contre les musulmans et les antifas, ils ne paraissent pas très constructifs.
Ils organisent à l’occasion des conférences BBQ, des manifs anti-gouvernement et des rassemblements de patriotes, parfois pour honorer des sites historiques évoquant les héros canadiens-français. Sur la prochaine image, on peut les voir avec un Bernard Landry qui semble plutôt crispé :
Pour eux, nous devons combattre les deux grands fléaux de notre époque, soit l’anglicisation et l’islamisation du Québec… C’est dans cette optique qu’en 2014, ils avaient été accusés de méfait pour avoir posé des pancartes « Oui à la Charte, Non à l’islam », à Sherbrooke, en Estrie.
L’on est forcé de conclure que Les Insoumis forment réellement un groupe d’extrême-droite xénophobe, obsédé par l’islam, comme tant d’autres groupes. Leur originalité tient à leur affirmation indépendantiste claire, mais même sur ce terrain, de nombreux autres groupuscules leur livre une solide concurrence (par exemple le Front patriotique du Québec, qui est plus gros qu’eux).
En juillet dernier, j’avais publié un article dans Ricochet déplorant le fait que le dernier colloque organisé par Mme Djemila Benhabib – ayant eu lieu le 9 mai 2017 – ait fait appel à La Meute pour assurer la sécurité de l’événement.
Comme je l’ai fait valoir à plusieurs reprises, La Meute est un groupe d’extrême-droite raciste qui utilise ce type d’événements pour normaliser sa présence dans l’espace public.
Bien que mes articles sur le sujet étaient solidement fondés sur de nombreuses preuves et témoignages, ils provoquèrent un « backlash » d’une sévérité inouïe, culminant avec une lettre de Benhabib elle-même – tout à fait diffamatoire à mon endroit – publiée il y a deux semaines sur Facebook.
Mme Benhabib inventa de toutes pièces une histoire de policiers l’ayant mise en garde contre une éventuelle « casse » de son prochain colloque, dont j’en serais moi-même le « grand manitou »!
Non seulement elle a menti sur ce point important pour me salir et promouvoir son événement, mais elle laissa aussi entendre toutes sortes d’autres choses scandaleuses…
Le nouveau colloque Benhabib, 28 septembre à Montréal
C’est donc avec surprise que j’entendis le témoignage de trois personnes crédibles m’assurant que (1) les policiers ne se sont rendus sur place que pour garder un œil sur «l’extrême-droite et La Meute» (2) le service de sécurité était encore opéré par des amateurs, faisant des fouilles sans permis légaux, et semblaient conseillés par Stéphane Roch en personne, chef des « opérations » de La Meute…
Je vous propose donc cet entretien avec Éric Émond, chef du parti politique provincial Changement Intégrité pour Notre Québec (CINQ). Il a aussi pris des photos et vidéos qui prouvent ses dires.
Entretien avec un témoin direct, Éric Émond
XC : Bonjour M. Émond. Premier aspect curieux de votre soirée : vous dites que c’est André Pitre lui-même (alias Stu Pitt, propagandiste de La Meute) qui vous a offert des billets gratuits?
M. Émond : Oui, on s’était parlé il y a quelques semaines. Je lui ai dit que je n’irais pas au colloque à mes frais. Je suis féministe et anti-raciste, ça ne m’intéressait pas de payer de ma poche pour investir dans un truc qui ne correspond pas à mes valeurs. Je sais que lui est dans La Meute et je suis anti-Meute. J’ai dit que j’allais accepter les billets si je venais accompagné de deux personnes. Et il l’a fait avec plaisir.
XC : Cet événement était organisé par Mme Benhabib. Pourquoi Stu Pitt, qui n’a pas l’air riche, offre ainsi des billets à droite pis à gauche?
M. Émond : Lui-même se présentait accompagné de ses deux « bodyguards » de La Meute. Il a ajouté qu’il pouvait m’en avoir à moi aussi et il a un peu insisté. Moi j’avais pas peur pour ma sécurité. Je pense qu’il essaie de se rapprocher d’amis plus progressistes, pour essayer de convaincre le monde que La Meute est plus de centre-gauche (comme mon parti qui est de centre-gauche).
XC : Donc tu étais assis avec lui pendant le colloque, vous avez parlé?
M. Émond : Non, il m’a juste dit « Salut Éric, comment ça va? », mais c’est tout. Il était assis quelques sièges plus loin, avec ses gardes du corps.
XC : Quand tu es arrivé sur les lieux, au départ, avec deux femmes de ton parti, as-tu noté quelque chose d’inhabituel?
M. Émond : Il n’y avait pas de policiers. C’était bizarre car Benhabib disait qu’elle avait reçu des menaces. À l’entrée nous voyons la sécurité, des gens qui semblent de La Meute qui fouillent les sacoches des femmes (sans montrer leurs permis) j’en compte cinq officiels et plus de deux qui entourent la personne qui nous a invités (Stu Pitt).
XC : Comment peux-tu savoir que c’étaient des Meutons?
M. Émond : J’ai déjà fait un débat avec Stu Pitt par le passé et je pense les avoir déjà vus. Il y en a même un qui avait un bandana autour de la tête. Ça faisait pas professionnel. Un gars de la sécurité en arrière de moi a dit à ses acolytes: « Hey, le grand avec des lunettes, check-le! ».
XC : Quelle était l’ambiance?
M. Émond : Voir le monde réagir à ceux qui m’accompagnaient était sans prix : une confusion totale. C’étaient deux femmes racisées. Une arabo-musulmane et une d’origine indienne. Les gens dans la salle arrêtaient pas de les regarder croche. D’ailleurs celle qui est musulmane, qui ne porte pas de hijab, s’est quand même sentie inconfortable et a dû quitter le colloque avant la fin. De mon côté, j’avais vu des policiers et j’étais sorti pour aller leur parler.
XC : T’as parlé directement aux policiers?
M. Émond : Oui, ils étaient dehors. Je suis allé à leur rencontre. Après un temps, je leur ai demandé s’ils étaient là pour les menaces (car je sais qu’un de mes contacts avait préalablement appelé le SPVM pour demander s’il y avait eu menace et ils ont répondu par la négative).
XC : Ils t’ont parlé des « méchants antifas »?
M. Émond : Pas du tout! Je cite textuellement leur réponse (car je l’ai notée sur un papier) : « Nous sommes ici à cause de l’extrême-droite et La Meute, il n’y a eu aucune menace envers le colloque ou Benhabib dont nous sommes au courant et donc aucun inspecteur n’y a été assigné »…
XC: Ils t’ont donc dit qu’ils venaient surveiller La Meute?
M. Émond: Oui. L’homme qui était debout avec les services de sécurité (Stéphane Roch) est même venu me parler directement. Il m’a demandé si j’allais faire d’autres débats comme dans le bar (un débat du 28 juin avec Stu Pitt, lors duquel La Meute faisait la sécurité). Son visage me semblait familier. J’ai reconnu plusieurs visages de ce soir-là:
Le débat opposait M. Émond à Stu Pitt
XC : Et aucune trace des antifas durant la soirée?
M. Émond : Rien. La salle était composée principalement d’un public d’un certain âge, très peu diversifiée (sauf pour les amis de Benhabib). Ils se retournaient souvent pour dévisager mes amies racisées à côté de moi. D’ailleurs la salle applaudissait surtout quand il y avait des remarques islamophobes.
XC : Par exemple?
M. Émond : Quand Benhabib a présenté les panélistes, elle a salué leur courage malgré les menaces qu’elle aurait reçues de la part de musulmans. Elle a ajouté en blague qu’ils voulaient la « lapider ». La salle a ri fortement.
Peu après, elle a monté le ton en disant que le hijab est le «voile de la honte et de l’indignation». Là encore la foule l’a acclamée.
Ensuite, après les conférences, un homme s’approche du micro et dit : « Je fais mon coming out, j’étais un islamophobe sous médication et là j’ai arrêté les traitements et je m’assume pleinement » et la salle quasi entière applaudit son islamophobie… Étant en ligne un peu derrière lui j’en profite pour «engeler» les gens qui applaudissent, ne pouvant me contenir devant cette affirmation et acclamation de la haine…
L’homme fièrement islamophobe en bleu, avec Stu Pitt en arrière qui attend son tour au micro
XC : Une fois que tu étais au micro, qu’as-tu dit?
M. Émond : J’ai posé quatre questions. À ma deuxième, j’ai demandé à Benhabib le nom de l’inspecteur qui l’aurait mise en garde contre de supposées menaces, au cas où j’aurais des informations à lui transmettre. La salle a figé. Je suis du genre à attendre les réponses une minute de temps…
Suite à sa non-réponse, j’ai demandé : « Vu que vous ne croyez pas que les parents devraient rentrer les enfants d’un si jeune âge dans la religion (en leur mettant un hijab) est-ce que c’est l’avis de ce panel que nous ne devrions pas faire baptiser nos enfants? Et aucune première communion, confirmation, etc.? ». Les murmures se sont fait entendre dans la salle, la tension était palpable…
XC : Merci pour cet entretien.
M. Émond : Ça fait plaisir. J’aimerais préciser en terminant que je crois toujours que nous devons combattre la peur, la haine et l’ignorance par l’amour, la communication et l’éducation. Je continuerai d’être un allié du féminisme intersectionnel et de défendre les droits à l’égalité de toutes les femmes sans exception.
**Les deux personnes ayant accompagné M. Émond au colloque me confirment que son récit est conforme à leur propre version des faits.
Je blogue sur Facebook depuis quelques années maintenant. Ce n’est qu’à la fin de juin que je me suis intéressé à un groupe d’extrême-droite nommé La Meute.
À peine ai-je écrit un premier article assez généraliste que des hordes de trolls ont envahi ma page pour m’accuser d’être à la solde de George Soros et faire censurer mes billets Facebook. J’ai décidé de leur tenir tête en écrivant un deuxième article, puis un troisième, qui ont tous été retirés suite à des vagues massives de signalements.
Grâce au soutien de Ricochet, j’ai quand même pu révéler que La Meute avait organisé un « camp du Non à Saint-Apollinaire » pour faire battre un projet de cimetière, qu’un colloque organisé par Benhabib avait bénéficié des services de sécurité de La Meute, et que les dirigeants du parti politique de Rambo Gauthier se rapprochaient de plus en plus du même groupe islamophobe.
Ma page Facebook est la cible de censures systématiques, c’est pourquoi j’ai démarré ce blogue wordpress il y a quelques semaines. Le harcèlement dont je suis la cible s’est tout même intensifié: insultes et menaces en messages privés, de nombreuses campagnes pour me faire perdre mon emploi, placardage de lieux publics pour m’intimider, calomnies dans de grands médias sans possibilité d’y répondre…
Je propose un tour d’horizon des différents types d’harcèlement, sous forme de «galerie d’art».
La Meute
L’un des premiers à ouvrir le bal fut le vlogueur André Pitre (alias Stu Pitt), propagandiste de La Meute, qui fit une vidéo de 8 minutes dirigée contre moi et fut visionnée des milliers de fois:
Des menaces à mon emploi ont commencé à circuler par la suite:
La machine à propagande s’est aussi mise en marche. On a tout d’abord fait un photo-montage truqué pour tenter de faire croire aux gens que j’effaçais moi-même mes statuts Facebook. J’ai été contraint de montrer les captures d’écran de mes avis Facebook pour répondre aux rumeurs (surréaliste!).
Les «loups» ont ensuite repêché des photos de moi pour en faire des «mèmes» d’un goût artistique certain:
M. Lamontagne aime multiplier les mèmes sur la droitosphère
Une tendance scatologique
D’autres artistes préfèrent exprimer leur préférence pour le scatologique:
Louise Duval et Marie-Élaine Boucher
Ces deux copines islamophobes comptent parmi les harceleuses les mieux aguerries du web. Dès mes premiers articles, elle se sont mises à organiser de véritables campagnes de menace à mon emploi. On voici quelques preuves flagrantes (j’ai biffé les # de tél.):
Dans le cas de Louise Duval, elle est allée jusqu’à enregistrer la conversation d’une des plaintes logées à mon collège. Non satisfaite de ses démarches déjà odieuses, elle espère également une certaine violence physique à mon endroit:
NoName est le compte Twitter de Louise Duval
Richard Desnoyers
Bon, je ne connais pas ce M. Desnoyers proche des groupes d’extrême-droite, mais ce gars-là s’acharne sur mon emploi et laisse aussi entendre que je serais lié au terrorisme…
À noter que M. Grim Hunter est prêt à acheter mes recueils de texte pour prouver que je pervertis la jeunesse…
François Doyon
La palme du meilleur harceleur revient sans doute à M. Doyon, qui écrit frénétiquement sur moi, en ajoutant de grosses photos de mon visage et parfois en «sponsorisant» ses billets afin de rejoindre le plus de gens possible:
Comme il est lui aussi enseignant en philosophie, il a déjà promis de me faire bloquer toute perspective d’emploi future, en interférant dans les comités de sélection:
Il a aussi essayé de convaincre ses amis de faire fermer mon blogue wordpress en leur montrant la marche à suivre:
Puis quand sont survenus les actes de vandalisme samedi et dimanche derniers, au métro Joliette, M. Doyon en a fait sa bannière Facebook:
Non seulement il s’est réjoui de ces méfaits publics – m’associant au terrorisme et me traitant de «pute du Canada» et de «sodomite» – mais il en rajouta même une couche en «likant» un commentaire souhaitant que les méfaits se poursuivent et en demandant si j’étais «bottom»:
En conclusion, ce n’est là qu’un minuscule échantillon de tout ce que peuvent subir les personnes s’opposant publiquement à la xénophobie ambiante. Et s’il n’y a pas de racisme au Québec, alors pourquoi tous ces «maîtres» de l’indimidation s’acharnent-ils sur les antiracistes de manière aussi virulente?
Écoutez, ça va tellement mal dans La Meute que même Rambo Gauthier a claqué la porte en déclarant que ça « manque de sérieux ».
Il est pourtant lui-même porte-parole d’un parti – Citoyens au pouvoir – qui nage en pleine crise de crédibilité en raison des dérives autoritaires de son chef effectif, Yvon Simard. Ce dernier est accusé d’abus de pouvoir et de détournements de fonds par des hauts responsables du parti, qui réclament sa démission.
Yvon Simard et ses proches sont d’ailleurs membres de La Meute et c’est Simard qui avait recruté Rambo Gauthier.
Un coup monté?
Lundi, Rambo Gauthier annonça avec fracas qu’il rompait tout lien avec La Meute, déstabilisant le nouveau pouvoir en place, qui peine à consolider ses appuis. Voici le message qu’il publia sur Facebook et qui a abouti dans les nouvelles de TVA :
Rappelons que depuis la semaine dernière, les militants xénophobes s’entre-déchirent dans La Meute, multipliant les coups bas de part et d’autre.
D’un côté, le camp de Patrick Beaudry, gourou déchu du groupe, de l’autre, le camp de Sylvain « Maikan » Brouillette, qui convoite les quelques centaines de dollars de profit que génère annuellement la vente de produits dérivés affublés de jolies papattes de loups.
Or, coup de théâtre, Patrick Beaudry laisse entendre qu’il est en liaison directe avec Rambo Gauthier et qu’ils préparent un truc important :
Le chef putschiste affirme son autorité
Pendant que l’ex-gourou ronge son frein, Maikan et ses sbires poursuivent une purge consistant à chasser du groupe toute personne affirmant son désaccord ou ses inquiétudes.
Lors d’une sortie récente, Maikan décrète qu’il ne tolérera aucune dissension, sous prétexte que cela sème la «division». « Vos gueules les tits-loups » :
Pour finir, Maikan est en train d’utiliser le commandement de type militaire en place pour s’assurer le contrôle total de l’organisation. Le groupe qu’il dirige au sommet est «Le Conseil», tandis que leurs forces de l’ordre, soumises aux directives, sont «La Garde» :
L’astuce derrière tout ça est d’essayer de nous faire croire que cette secte de type militaire cherche à défendre «notre démocratie». Mais ils n’y croient même pas à l’interne : pour eux, le système le plus efficace est la chaîne de commandement à sens unique.
La crise s’aggrave de jour en jour au sein de la formation raciste d’extrême-droite, depuis qu’un putsch fut lancé le 16 septembre dernier.
Ayant renversé leur ex-gourou Patrick Beaudry, les nouveaux leaders subissent une chute de crédibilité qu’ils ne parviennent pas à atténuer: des clans régionaux entiers les ont désavoué, des militants.es de premier plan désertent pour rejoindre les rangs de la Storm Alliance – leur principale rivale qui tire largement profit de la situation –, d’autres créent de nouveaux groupes dans toutes les directions, c’est le chaos total.
Pour quelques dollars de plus
À l’origine du conflit se trouve un magot de quelques centaines de dollars, disputé par les membres du Conseil, c’est-à-dire environ six personnes. Ils calculent que l’ex-despote Patrick Beaudry se serait emparé de 10% des 52 000$ générés par la boutique de La Meute – offrant toutes sortes de jolis produits dérivés avec papattes de loups –, au cours des derniers 17 mois.
Il existerait un accord selon lequel 10% du montant des ventes retournerait à La Meute, mais les membres du Conseil n’en ont jamais vu la couleur. Beaudry est-il un escroc? En fait, si l’on déduit de ces 52 000$, le prix de la marchandise, les taxes, les frais de shipping, le salaire de l’employée (conjointe de Beaudry), y a-t-il vraiment des profits faramineux?
Il est fort possible que M. Beaudry n’ait engrangé que quelques centaines de dollars, et que 10% de tout cela fait en sorte qu’il leur devrait l’équivalent d’une bière chacun…
Mais peu importe, ne serait-ce que pour une question de principe, il est sûrement légitime d’exiger plus de transparence de sa part. Ouvrez les livres M. Beaudry!
Selon la version du nouveau chef putschiste Sylvain «Maikan» Brouillette, il y aurait déjà eu un comptable professionnel en charge d’évaluer les chiffres, mais le hic c’est qu’il a claqué la porte quand il s’est rendu compte que La Meute était un groupe xénophobe anti-islam: «mais lui a reculé car il a des clients musulmans»…
Ils croient en leurs propres sottises
Leur litige se terminera probablement en cour de Justice. Les deux camps sont persuadés qu’ils pourront faire fortune en exploitant les dizaines de milliers de sympathisants qu’ils ont pu embobiner depuis leur fondation, fin 2015.
C’est ainsi que le roi déchu, Patrick Beaudry, accuse ses adversaires de lui avoir subtilisé une source intarissable de richesses: «c’est un putsch dans le but de s’approprier un bassin potentiel de dizaines de milliers de clients en prétendant vouloir défendre une cause».
Maikan, quant à lui, fera le même calcul: «Si chaque membre donne 5$, on est 60 000, ça fait 300 000$». Wow!
De gauche à droite: Maikan, Beaudry et Éric Proulx, qui étaient peut-être en train d’essayer de comprendre leurs chiffres…
Le seul hic réside dans le fait qu’ils ne sont pas du tout 60 000 membres. Pour parvenir à ce nombre élevé, il faut additionner chacune de leurs pages, où se trouvent des doublons et des milliers de gens qui ont été ajoutés par inadvertance.
Dans cette logique, on pourrait ainsi affirmer que les chroniqueuses de droite Lise Ravary et Myriam Ségal (co-animatrice d’Éric Duhaime) comptent pour quatre membres, car elles sont à la fois sur la page publique et le groupe secret.
Donc si on ne se fie qu’aux vrais membres faisant partie des clans régionaux, ils sont moins de 4000. Si les leaders étaient compétents et savaient compter, ils ne se battraient peut-être pas ainsi pour des miettes.
Stu Pitt (à gauche) reçoit le putschiste Maikan
Une organisation de type militaire
Dans une entrevue récente accordée à Stu Pitt – vlogueur et propagandiste de La Meute – Maikan explique que les fondateurs ont toujours voulu que leur groupe extrémiste fonctionne selon un système «militaire» (donc pas d’élections): «Nous on a choisi une organisation militaire. L’organisation n’est pas démocratique mais on défend la démocratie!».
Passons outre leur inconséquence. Maikan avoue candidement avoir organisé une élection bidon juste après son coup d’État, afin de se donner une apparence de légitimité. En l’absence du principal intéressé et de l’un de ses plus fidèles alliés:
«Il y a eu un vote à main levée unanime pour sortir Patrick de La Meute, parce qu’il nuisait à la réputation de l’organisation. Pis on a décidé de ne pas retenir sa candidature pour le nouveau Conseil, car ils disaient que si Patrick revenait tout le monde s’en allait. On voulait pas que ça ait l’air d’un putsch, on a demandé des élections…»
Il est on ne peut plus clair que la décision de mettre M. Beaudry dehors avait déjà été décidée longtemps à l’avance. L’élection n’a été qu’une mascarade. M’enfin, les organisations militaires ça fait des coups d’État, et non des élections…
Ils se détestent viscéralement
Vers la fin de l’entrevue, Maikan explique que M. Beaudry lui a manqué de respect et qu’il ne lui pardonnera jamais. Son jugement est impitoyable:
«Il nous traite de voleurs. Pis de détourner des fonds. Je préférerais me retirer que de continuer de travailler avec Patrick Beaudry. Les anciens membres du Conseil aussi. J’aurais pris une balle pour ce gars-là, aujourd’hui, si la balle arrivait, je me tasserais!»
Les deux camps multiplient les coups bas les uns envers les autres, au risque de détruire La Meute au grand complet.
Il y a par exemple ce chef de clan du Bas Saint-Laurent, Éric «Rotikwaho» Rioux qui est allé révélé publiquement tout l’organigramme des officiels de La Meute! Des militants estomaqués lui reprochent de mettre en danger la vie de dizaines de familles:
Un autre désespéré, proche de Beaudry, a menacé de pirater la page officielle de La Meute pour essayer de la désactiver.
Quant à Beaudry lui-même, il promet de reprendre le pouvoir et de se venger de tous les traîtres…
Comme sa dernière intervention Facebook laissait entendre que les putschistes détournaient des fonds, ces derniers ont fait appel à la Sûreté du Québec pour faire cesser la diffamation. Coup de théâtre, Beaudry a republié son texte quelques heures plus tard, en l’intitulant «J’ASSUME».
Il faut dire que les putschistes ont déjà entamé une purge de leur côté, congédiant tous ceux et celles qui osent manifester leur mécontentement.
En conclusion, La Meute se dirige inéluctablement vers une scission interne qui diminuera passablement leur «membership». Mais que perdront réellement les membres déçus qui quitteront le groupe? Un forum où l’on pouvait chialer contre les musulmans et le lait halal à la semaine longue? Je pense que les Québécois.es ont mieux à faire que de perdre leur temps dans ce genre d’univers toxique et haineux qui les endoctrine.
Dans un pamphlet catapulté sur sa page Facebook, la célèbre polémiste Djemila Benhabib prend prétexte d’un règlement de compte contre moi pour tenter de mousser la vente des billets de son prochain colloque.
Par tous les moyens possibles, elle me traîne dans la boue, m’accusant de tout et de rien, mais surtout de tout: je fomenterais des sabotages de l’événement qu’elle organise, en plus d’être à la tête de groupes antifas et islamistes, puis de prôner la violence faite aux femmes, et ainsi de suite.
Bien que son texte dresse un portrait de moi tout à fait abominable, je répondrai comme je le fais toujours, c’est-à-dire de manière posée, transparente et avec preuves à l’appui. Allons-y en examinant chacune des accusations.
1. Incritiquable parce qu’elle est une femme
L’ouverture de son texte se veut déjà hallucinante. Elle sous-entend que si je l’ai critiquée par le passé, ce serait en raison de son genre. Elle évoque même la violence faite aux femmes:
À cette accusation je ne peux que répondre que je suis 100% solidaire avec elle. L’égalité hommes-femmes n’est pas encore atteinte dans notre société et nous avons encore bien des progrès à réaliser. Ceci dit, l’islamophobie est également un problème de société, dans la mesure où la discrimination à l’égard de concitoyens.nes ne doit pas être prise à la légère.
Les messages haineux envers les musulmans.es abondent sur les réseaux sociaux, et visent parfois tout immigrant en général. Pourquoi ne pas se liguer contre toutes ces formes de discrimination? Pour une position féministe en ce sens, qui conjugue anti-racisme et anti-sexisme, voir le point de vue de Camille Robert (R.-C., 15 sept.).
2. Le SPVM la met en garde contre moi (?)
Mme Benhabib soutient que le 5 septembre dernier, un «enquêteur du SPVM» l’aurait prévenue que des «casseurs» songeaient à perturber son prochain colloque. Elle ajoute du même souffle – sans rire – que j’en serais la tête dirigeante, le «grand manitou», selon le SPVM:
Cette déclaration est tout à fait trompeuse, scandaleuse, diffamatoire. Voici les faits:
Le 4 septembre dernier, j’ai bel et bien écrit un billet reprochant à Benhabib ses positions tranchées vis-à-vis l’islam et surtout le fait que, selon les dirigeants de La Meute eux-mêmes, ce sont des membres de ce groupe d’extrême-droite qui avaient assuré la sécurité de son dernier colloque. Ils se sont d’ailleurs vanté d’avoir saisi deux couteaux et un tournevis aiguisé durant leurs fouilles (sans permis légal):
Pour le reste, je n’ai jamais encouragé d’initiatives pour contrer le colloque à venir, pas même des appels au boycott. Tout au contraire, une amie m’avait proposé de me procurer des billets pour qu’on puisse aller y écouter les idées exposées et les critiquer dans mon blogue, si je le souhaitais.
Deux semaines ont passé depuis ce billet du 4 septembre et je n’ai plus entendu parlé de l’événement, ni en public, ni en privé. Si quelqu’un m’avait dit qu’il avait déjà eu lieu, je l’aurais cru…
3. Mes textes incitent à la violence
D’après Benhabib, il y aurait des appels à la violence dans mes textes:
Ceux et celles qui me connaissent savent qu’on y retrouve surtout des appels à la tolérance, que je défends fermement l’égalité sous toutes ses formes, dans une perspective progressiste. Et ceux et celles qui me connaissent encore mieux savent que je suis pacifiste et antimilitariste jusqu’au bout des doigts.
Certes, mes billets déconstruisent des discours haineux et xénophobes. Est-ce cela qu’elle trouve violent?
4. Complaisant à l’égard des Frères musulmans
Là c’est vraiment du grand m’importe quoi:
Je ne connais absolument rien des Frères musulmans au Québec, en tout cas, pas suffisamment pour m’en faire une opinion. À ma connaissance, c’est elle qui en fait une fixation…
Mes amis.es islamistes?
5. Complice de théories qui défendent la violence envers les femmes
Encore une fois, on atteint les bas-fonds de l’indécence. Elle soutient qu’une personne parmi mes 6000 amis.es facebookiens – laquelle? elle ne le mentionne pas – serait favorable aux châtiments corporels sur les femmes:
Come on! Bien sûr que je m’y oppose vivement! Je m’oppose d’ailleurs à tout châtiment corporel et à la peine de mort également. Mme Benhabib a-t-elle décidé qu’elle me faisait le même procès qu’elle réserve habituellement aux « méchants » islamistes?
Lex Luthor (Superman)
6. Je tirerais les ficelles des antifas et des islamistes au Québec
Bon, est-il possible de paranoïer encore plus fort? Elle avance que je n’ai qu’à claquer des doigts pour déchaîner mes troupes d’antifas et d’islamistes à ma guise, contre mes proies:
Du côté des anarchistes, ils n’ont pas de chef – lisez la définition d’anarchisme si vous ne me croyez pas – quant aux islamistes, je ne sais pas du tout de quoi elle parle: des Frères musulmans qu’elle hallucine partout?
7. Infopub
Après m’avoir rudement pilonné d’accusations mesquines et mensongères, elle lance cette publicité qui n’a aucun rapport avec le reste:
M’a-t-elle instrumentalisé – par le biais de 1001 coups bas – rien que pour promouvoir son événement?
Quoi qu’il en soit, je lui souhaite paix et bonheur, qu’elle fasse ce qu’elle veut, et moi, de mon côté, je continuerai à critiquer l’intolérance et la montée de l’extrême-droite, de par mes textes.